Cystectomie totale

 
 

Suites opératoires immédiates:

La cicatrice est située dans le bas du ventre, sous l’ombilic.

Vous avez un redon (qui permet d’évacuer les sérosités) qui sera retiré vers le 3e jour.

De petites sondes sont laissées dans les uretères de manière à laisser cicatriser la suture au niveau de leur abouchement (qu’il soit cutané pour les urétérostomies ou digestif pour le Bricker et la néovessie). Ces sondes sont en général laissées en place 8 à 11 jours. Une échographie rénale  est réalisée après ablation de ces sondes.

En cas de Néovessie, une sonde permet son drainage par l’urètre et est retirée en général le lendemain du retrait des sondes urétérales.

L’alimentation n’est reprise que progressivement lors de la réapparition des gaz (à partir du 3e jour).

Des bas de contention devront être portés pendant une quinzaine de jours avec réalisation d’injections d’anticoagulants afin d’éviter la survenue d’une phlébite.

Une sortie sera possible le lendemain ou le sur lendemain du retrait des sondes.

Un rendez vous vous sera donné avec votre chirurgien (en général à 1 mois de l’intervention) pour un contrôle de la cicatrisation et discussion d’un éventuel traitement complémentaire.


Conséquences :

Certaines découlent de l’ablation de la vessie et d’autres dépendent du mode de dérivation.

Conséquences de la cystectomie:

Comme on vous l’a expliqué en pré opératoire, après l’ablation de la prostate il n’existe plus d’éjaculation de manière définitive.

Les nerfs érecteurs, accolés à la prostate, sont en général traumatisés lors de l’intervention, se traduisant par une perte des érections. Un traitement des érections par la suite reste envisageable.

Conséquences liées au mode de dérivation:

  1. -Quelque soit le mode de dérivation, il est habituel de retrouver des microbes lors des analyses d’urines. Il s’agit en général d’une contamination (tube digestif, peau) ne relevant pas d’une antibiothérapie. Cette dernière sera en revanche indispensable en cas de signe clinique infectieux (fièvre...) ou de geste chirurgical. Il est important de boire régulièrement et abondamment.

  2. -Néovessie: Confectionnée en intestin, la néovessie n’a pas la capacité de se contracter ni de percevoir le besoin d’uriner. Pour ces raisons, et en raison de sa petite capacité au début, les mictions doivent être effectuées par poussée abdominale, et ce de manière très régulière (toutes les heures  au début), même la nuit. Un appareillage par étui pénien est donc très utile dans cette période. Ce rythme pourra s’espacer au fil des mois (toutes les 3h après 3 mois), mais des levers nocturnes doivent être maintenus (2/nuit minimum). Une sensation de plénitude et de pesanteur dans le bassin pourra être ressentie au fil des mois, correspondant au remplissage de la néovessie, et correspondant ainsi au besoin mictionnel. Les autres conséquences de la néovessie sont une fabrication de mucus (sécrétions intestinales) pouvant soit s’accumuler et gêner la miction, soit former des calculs dans la néovessie, et une résorbtion potentielle de l’acidité des urines pouvant entraîner des troubles métaboliques (acidose) en général corrigée par des boissons alcalines (Vichy),. Une grande rigueur hygiénodiététique dans des boissons régulières et abondantes ainsi que les mictions systématiques demeure la meilleure solution préventive de ces conséquences. A terme, les résultats obtenus à distance de l’intervention et après la phase d’apprentissage de la gestion de la neovessie sont les suivants: la continence dans la journée est observée dans plus de 90% des cas, mais chute la nuit entre 75-86%, motivant le respect des levers nocturnes. Le réservoir ne pouvant se contracter, il existe un risque de rétention qui pourrait alors nécessiter la réalisation de sondages. L’entourage doit être aussi sensibilisé qu’en cas d’hospitalisation et de troubles de la conscience, il est important de poser une sonde vésicale afin de prévenir la rétention et l’acidose.

  3. -Bricker: Il s’agit d’un segment digestif permettant l’abouchement des uretères à la peau  au niveau d’un seul orifice (stomie), en général situé sur la partie droite de l’abdomen (1 seule poche) et de se passer de sondes au niveau des uretères. Il n’y a donc plus de réservoir anatomique. Les urines coulent en continu dans une poche qui doit être vidée et changée régulièrement. Une infirmière stomathérapeute, spécialisée dans les équipements des stomies essaiera donc de trouver le matériel le plus adapté à votre conformation et vous donnera tous les conseils de gestion de ce matériel. Le segment intestinal conserve une sécrétion de mucus qui est en général éliminé avec les urines, mais une formation de calcul sur ce mucus reste toujours possible. Des boissons régulières et abondantes permettent en général d’éviter ce genre de complication.

  4. -Urétérostomies cutanées:  Il s’agit d’un abouchement direct des uretères à la peau. Il existe en général 2 stomies (une à droite et une à gauche) nécessitant un appareillage par 2 poches, mais aussi la présence de sondes qui remontent jusqu’aux reins qui doivent être changées régulièrement sous anesthésie locale en fonction de leur nature (toutes les 6 semaines à 6 mois). Il n’y a donc plus de réservoir anatomique. Les urines coulent en continu dans une poche qui doit être vidée et changée régulièrement. Une infirmière stomathérapeute, spécialisée dans les équipements des stomies essaiera donc de trouver le matériel le plus adapté à votre conformation et vous donnera tous les conseils de gestion de ce matériel.


Conseils :

  1. -Boire régulièrement au moins 1,5 L d’eau par jour.

  2. -Uriner systématiquement et régulièrement dans la journée et en se levant au moins 2 fois la nuit en cas de néovessie.

  3. -Le port de bas de contention et les injections d’anticoagulants durant minimum 15 jours après l’intervention.

- Eviter les efforts physiques intenses (notamment port de poids ...).

  1. -Ne pas rester allongé toute la journée.

  2. -Eviter les bains durant les 3 semaines post opératoires (douches autorisées)


Quand demander avis ?

  1. -En cas de diminution de la force du jet ou de difficultés mictionnelles, en cas de Néovessie.

  2. -En cas d’absence d’écoulement d’urine au niveau des stomies.

  3. -En cas de fièvre>38°5 et de douleurs lombaires, vous devez consulter en urgence, et réaliser une analyse d’urine (ECBU).

  4. -En cas de vomissement et arrêt du transit (selles, gaz), vous devez consulter en urgence.


Examens de surveillance usuels : Bilan sanguin avec suivi de la fonction rénale (créatininémie), analyse d’urine (ECBU), cytologie urinaire, Uroscanner, cystoscopie (surveillance de la néovessie, mais aussi de l’urètre).

Vous venez d’être opéré d’une cystectomie totale

La cystectomie totale consiste à retirer la vessie en totalité, en général avec la prostate chez l’homme (cysto-prostatectomie) et l’uterus chez la femme (pelvectomie antérieure).


Les indications classiques sont:

  1. -tumeurs de vessie infiltrant le muscle pT2.

  2. -tumeurs de vessie n’infiltrant pas le muscle mais pT1 de haut grade récidivant malgré la BCG thérapie.

  3. -Vessies neurologiques avec  retentissement possible sur le haut appareil et la fonction rénale.

  4. -de nécessité (fistule périnéale complexe chez un patient neurologique, cystite hémorragique réfractaire aux différents traitements locaux...).


Les urines émises par les reins et les uretères n’ont donc plus de réservoir naturel. Un système de dérivation est donc nécessaire.

Il peut être proposé en général:

  1. -une “néovessie” de remplacement: réservoir confectionné à l’aide d’intestin, situé à la place de la vessie, et qui permet d’uriner par l’urètre. Ce montage n’est pas toujours réalisable.

  2. -un Bricker: abouchement des uretères à la peau (1 orifice au niveau de l’abdomen) via un court segment intestinal, qui n’est pas un réservoir et qui nécessite un appareillage par poche.

  3. -des urétérostomies cutanées: abouchement des uretères directement à la peau (2 orifices au niveau de l’abdomen) qui nécessitent  le port d’une sonde dans chaque uretère, changées régulièrement toutes les 6 semaines environ, et un appareillage par poches.

Le choix du mode de dérivation dépend de plusieurs facteurs: la maladie et l’indication initiale, le déroulement de l’intervention (difficultés techniques, saignement, état de l’intestin, prélèvements durant l’intervention...), mais aussi l’âge et l’état général du patient.

Les souhaits de mode de dérivation sont donc pris en compte avant l’intervention, mais le choix définitif est pris durant l’intervention elle même en fonction de son déroulement.

feuille d’explications de l’AFU imprimableCystectomie_files/AFU%20cystectomie.pdf

 

Cystoprostatectomie

Bricker

urétérostomie cutanée

Néovessie ou vessie de remplacement

Urètre

Uretère

Vessie

Prostate

Urètre

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Dernière mise à jour: 2/12/2009